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Harthacnut

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Harthacnut
Une pièce de monnaie représentant un homme couronné de profil.
Penny d'argent frappé en Angleterre sous le règne de Harthacnut.
Titre
Roi d'Angleterre

(2 ans)
Prédécesseur Harold Pied-de-Lièvre
Successeur Édouard le Confesseur
Roi de Danemark

(7 ans)
Prédécesseur Knut le Grand
Successeur Magnus le Bon
Biographie
Dynastie Maison de Jelling
Date de naissance vers 1018
Date de décès
Lieu de décès Lambeth (Angleterre)
Sépulture Old Minster (Winchester)
Père Knut le Grand
Mère Emma de Normandie
Fratrie Sven Knutsson
Harold Pied-de-Lièvre
Gunhild
Religion christianisme
Liste des rois d'Angleterre
Liste des rois de Danemark

Harthacnut est un prince de la maison de Jelling né vers 1018 et mort le . Il est roi de Danemark de 1035 à sa mort, ainsi que roi d'Angleterre à partir de 1040.

Il est le seul fils issu du mariage de Knut le Grand et d'Emma de Normandie.

Harthacnut est une forme simplifiée du nom Hörða-Knútr, qui signifie littéralement « nœud solide » en vieux norrois[1]. Ce nom est celui d'un de ses ancêtres, Harthacnut, un roi semi-légendaire de Danemark qui est soit le père de Gorm l'Ancien, soit Gorm lui-même, selon la lecture que l'on fait d'un passage délicat de la Gesta Hammaburgensis ecclesiae pontificum d'Adam de Brême[2].

Ce nom apparaît sous différentes orthographes dans les ouvrages modernes : on peut le trouver écrit Hardeknud, Hardeknut, Harthaknut, Hardecanute ou Hardicanute, entre autres. Les listes de rois le présentent parfois comme « Knut III » en tant que roi de Danemark et « Knut II » en tant que roi d'Angleterre.

Dessin à l'encre noire avec quelques touches de couleur pâles. Dans un cadre formé par deux colonnes des tentures, une femme en robe, portant un voile et une couronne, est assise au centre. À ses pieds, un homme à genoux lui tend un livre ouvert. On aperçoit sur la droite la tête et le haut du corps de deux hommes barbus portant des couronnes.
Le frontispice de l'Encomium Emmae reginae (vers 1050).

La situation des sources littéraires concernant Harthacnut est très différente dans chacun de ses deux royaumes. En Angleterre, il subsiste plusieurs sources littéraires à peu près contemporaines de son bref règne, au premier rang desquelles l'Encomium Emmae reginae, un panégyrique composé vers 1041 ou 1042 pour sa mère, la reine Emma de Normandie. Le frontispice de la plus ancienne copie de ce texte représente Emma recevant le manuscrit sous les yeux de ses fils Harthacnut et Édouard le Confesseur, qui comptent ainsi parmi les rares monarques de la période anglo-saxonne dont subsiste un portrait d'époque[1]. Les différentes versions de la Chronique anglo-saxonne, une série d'annales compilées dans différents monastères anglais à partir de la fin du IXe siècle, rapportent également un certain nombre d'événements survenus entre 1040 et 1042[3],[4].

Le corpus des chartes constitue une source importante pour l'histoire de l'Angleterre anglo-saxonne. Ces documents, qui enregistrent des dons de terrains ou de privilèges par les rois à des particuliers ou des établissements religieux, offrent souvent un éclairage précieux sur la scène politique anglaise : leurs listes de témoins permettent d'identifier les individus les plus importantes du royaume[5]. Il n'en subsiste que trois au nom de Harthacnut, dont une seule dont l'authenticité soit à peu près certaine[1].

Les chroniqueurs anglo-normands du XIIe siècle tels que Jean de Worcester, Guillaume de Malmesbury, Siméon de Durham et Henri de Huntingdon proposent par endroits des récits plus détaillés du règne de Harthacnut que les textes contemporains, peut-être parce qu'ils ont eu accès à des sources perdues depuis. Dans la mesure où leurs écrits ont une visée avant tout édifiante, il est cependant nécessaire de les approcher avec prudence[6].

De l'autre côté de la mer du Nord, la tradition historiographique ne commence réellement qu'avec la Gesta Hammaburgensis ecclesiae pontificum d'Adam de Brême, une source allemande de la fin du XIe siècle[7]. Ce n'est qu'à partir du XIIe siècle que des sources écrites apparaissent en Scandinavie, mais elles concernent surtout la Norvège et il faut attendre le siècle suivant pour que des sagas concernant l'histoire du Danemark commencent à être rédigées en Islande, comme la Knýtlinga saga (perdue) ou la Heimskringla de Snorri Sturluson, avec probablement une bonne dose d'inventions[8].

Il est le fils de Knut le Grand et d'Emma de Normandie. En 1023, durant le règne de son père, il est installé à la tête du Danemark aux côtés de Thorkell le Grand qui en assure la régence[9]. Après la bataille de l'Helgeå, Knut confirme Hartheknut comme roi du Danemark sans que ce dernier n'en assure réellement les fonctions, car trop jeune[10].

La mort de son père, en 1035, crée une situation instable en Angleterre et en Scandinavie. Hartheknut doit d'abord se concentrer sur le Danemark à cause des anciens adversaires de Knut. Olof Skötkonung, d'une part, et surtout Magnus Ier[11]. En conséquence, Harold, fils de Knud Ier par un précédent mariage non reconnu par l'Église, est nommé régent d'Angleterre. En 1037, prétextant de la trop longue absence de son demi-frère au Danemark, Harold s'auto-proclame roi d'Angleterre.

Il envisage de reprendre la main sur la Norvège, et le conflit qui l'oppose à Magnus Ier se conclut sur un accord en 1038 lors d'une rencontre aux Brennǿer à l'embouchure du Göta älv, stipulant en particulier que si l'un d'entre eux devait mourir sans héritier masculin, l'autre lui succéderait mais que cette double royauté devrait cesser après la mort du survivant[11]. Après cet accord, il se prépare à envahir l'Angleterre pour récupérer son trône.

Il arrive à Bruges en 1039, où il retrouve sa mère, exilée par Harold, mais ce dernier meurt en , avant même l'invasion. Selon la Chronique anglo-saxonne, Knud débarque en juin à Sandwich, dans le Kent, avec une flotte de 62 navires de guerre. Par vengeance, il fait exhumer le corps d'Harold et le fait jeter dans un marais. Il est couronné le dans la cathédrale de Canterbury[réf. nécessaire].

Knud le Hardi est un souverain autoritaire et impopulaire. Il augmente les taxes pour entretenir sa flotte, et l'un des événements les plus notables de son règne sur l'Angleterre est une révolte à Worcester en 1041, qu'il écrase en détruisant pratiquement la ville. La légende de Lady Godiva provient peut-être de cet épisode[réf. nécessaire].

Knud invite son demi-frère utérin Édouard, fils d'Emma de Normandie et d'Æthelred, à revenir de son exil en Normandie pour devenir son corégent et son successeur. La Chronique situe cet événement en 1041.

Mort et succession

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La mort de Harthacnut (à gauche). Enluminure de la Vie de seint Aedward le Rei par Matthieu Paris (vers 1255).

Le , Harthacnut se trouve dans le manoir royal de Lambeth, au sud-ouest de Londres, pour assister aux noces de Tovi le Fier et de Gytha, la fille d'Osgod Clapa. Tovi et Osgod sont des nobles d'origine danoise arrivés en Angleterre sous le règne de Knut le Grand[12]. La Chronique anglo-saxonne rapporte que le roi « tomba subitement au sol dans d'affreuses convulsions » alors qu'il était en train de boire, mourant sur le coup[13]. Comme son père et ses frères, Harthacnut meurt jeune (il n'a pas trente ans), peut-être des suites d'une maladie génétique présente dans la famille : la description de la Chronique évoque un accident vasculaire cérébral ou un anévrisme intracrânien[14]. Il est inhumé auprès de son père à l'Old Minster de Winchester[1].

Harthacnut n'a pas d'enfants et sa mort marque l'extinction de la maison de Jelling. En Angleterre, Édouard le Confesseur lui succède sans heurt, tandis que Magnus le Bon devient roi de Danemark, conformément à l'accord passé entre eux quelques années plus tôt. Les souverains danois ultérieurs continuent à prétendre au trône d'Angleterre : l'accord entre Harthacnut et Magnus sert ainsi de prétexte à Harald Hardrada, le successeur du second sur le trône de Norvège, lorsqu'il envahit l'Angleterre après la mort d'Édouard le Confesseur, en 1066.

Postérité

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Les sources contemporaines s'étendent peu sur Harthacnut, qui apparaît comme un monarque prompt à la colère et craint par ses sujets[1]. La version C de la Chronique anglo-saxonne affirme qu'il « n'accomplit jamais rien digne d'un roi au cours de son règne[15] », tandis que la Knýtlinga saga souligne que sa mort marque la fin d'une lignée de rois[11].

Arbre généalogique

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Enluminure circulaire représentant un homme assis. Il porte une couronne et tient une épée levée dans la main droite.
Harthacnut dans un rouleau généalogique du XIIIe siècle (Royal MS 14 B VI, British Library).

Références

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  1. 1 2 3 4 5 Lawson 2004.
  2. Bolton 2017, p. 41-43.
  3. Marafioti 2014, p. 99-100.
  4. Orange 2022, p. 18-20.
  5. Bolton 2017, p. 12-13.
  6. Bolton 2017, p. 16.
  7. Bolton 2017, p. 17.
  8. Bolton 2017, p. 21-24.
  9. Malbos 2024, p. 455.
  10. Malbos 2024, p. 457.
  11. 1 2 3 Malbos 2024, p. 458.
  12. Bolton 2017, p. 175.
  13. Swanton 1996, p. 162.
  14. Bolton 2017, p. 195, 202-203.
  15. Swanton 1996, p. 160, 162.

Bibliographie

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Sources primaires

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Sources secondaires

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Liens externes

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