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Méroé

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Méroé
Image illustrative de l’article Méroé
Vue du site de Méroé en 2001.
Localisation
Pays Drapeau du Soudan Soudan
Coordonnées 16° 56′ 15″ nord, 33° 45′ 05″ est
Patrimoine mondial Patrimoine mondial
Numéro
d’identification
1336-001
Géolocalisation sur la carte : Soudan
(Voir situation sur carte : Soudan)
Méroé
Méroé
Géolocalisation sur la carte : Égypte antique
(Voir situation sur carte : Égypte antique)
Méroé
Méroé
Les pyramides de Méroé en septembre 2005. À l'avant, de gauche à droite, apparaissent les pyramides N25 (portique seulement), N26 et N27.

Méroé est une cité antique de Nubie. Elle a été la capitale du royaume de Koush lors de la dernière période de son histoire, le royaume de Méroé[1]. Elle est connue pour ses nécropoles à pyramides à forte pente relativement bien conservées. Le site est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2003[2].

La ville donne aussi son nom à la région environnante, appelée « île de Méroé ». Cette zone est délimitée à l'ouest par le Nil puis le Nil Bleu et à l'est par l'Atbara, et comprend de nombreux sites archéologiques[3].

Contexte historique

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Un État, indépendant de sa puissante voisine l'Égypte, s'était développé de -2500 à -1500 dans la zone de l'actuel Soudan. Sa capitale était Kerma. Après une phase de conquête, Kerma fut vaincue et la Nubie intégrée pendant cinq siècles au territoire égyptien. Il faut alors attendre le VIIIe siècle avant notre ère pour voir un nouveau pouvoir royal indépendant émerger en Nubie, autour de la nouvelle capitale Napata. Cette période est notamment restée célèbre en raison d'un court épisode de domination de l'Égypte par le royaume de Koush durant la XXVe dynastie. Défaits par les Assyriens, les Nubiens refluèrent ensuite vers le sud, la capitale se déplaçant à Méroé au Ve siècle avant notre ère.

D'après l'historien antique Ératosthène cité par Strabon, l'origine du nom remonte au roi perse Cambyse. Ce dernier, lors d'une expédition vers le sud, aurait nommé la ville et l'« île » du nom de sa sœur ou de son épouse défunte, Méroé. Cette étymologie est imaginaire, car la ville existait alors depuis plusieurs siècle, et « Méroé » dérive de son nom méroïtique antique, Bedewe[4].

Le site de Méroé

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Située en aval de la sixième cataracte du Nil en Nubie, cette cité donne son nom à une brillante civilisation qui se développe depuis la première cataracte jusqu’au confluent des deux Nil et sans doute plus au sud, entre le IVe siècle avant et le IVe siècle de notre ère. Influencée par ses voisins, surtout l’Égypte lagide des Ptolémées puis l'Égypte romaine, mais aussi le Proche-Orient et la Perse, elle connaît un âge d’or au Ier siècle avant notre ère.

C'est sous le règne de Néron, en 61/63, qu'une expédition romaine achève la reconnaissance de la route entre Syène (Assouan) et Méroé[5].

La nécropole royale est découverte par les explorateurs français Frédéric Cailliaud[6], Pierre-Constant Letorzec[7] et Louis Maurice Adolphe Linant de Bellefonds en 1822.

Le site de Méroé est très étendu et les fouilles n’ont qu’à peine effleuré les vestiges. Il se compose d'au moins quatre lieux différents. Le premier est une zone urbaine étendue dans laquelle des palais, des ateliers et des sanctuaires ont été dégagés, dont un sanctuaire de l'eau remarquable, précédemment identifié comme des « bains royaux »[8]. Plus à l'est, les trois nécropoles de Begrawiyah Ouest, Sud et Nord comptent environ deux cents pyramides au total.

Loin vers l’est, fermant cette immense plaine, les pyramides royales construites au sommet de deux petites collines étaient encore quasi intactes en 1834. Cette année-là, Giuseppe Ferlini, un aventurier italien, médecin militaire au service de l'armée de Méhémet Ali, découvre un trésor dans la sépulture de la reine Amanishakhéto en se servant des dessins et plans de Cailliaud. Pour y parvenir, Ferlini ordonne le démantèlement de la pyramide, la transformant en un amas de pierre. Les bijoux de la reine sont actuellement exposés à Munich et à Berlin (Ägyptisches Museum).

La connaissance du Méroïtique restant parcellaire, les rois et reines qui se succèdent ne sont souvent pour nous qu’un nom sur une table d’offrandes funéraires ou le décor d’une pyramide.

Plusieurs femmes accèdent au pouvoir sous le titre de candace. En -33, la candace Amanishakhéto refuse de se soumettre aux Romains. Le royaume vit encore deux cents ans, avant de s'éteindre pour des raisons encore mal connues.

Vers 350, Ezana, le roi d’Aksoum, affirme sur deux stèles qu’il a combattu victorieusement les Noba (Nubiens), traversant l’ancien territoire des Kasou (Koushites)[9]. On en a conclu qu’à cette époque, le royaume de Méroé avait succombé sous les coups des Éthiopiens.

Notes et références

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  1. UNESCO Centre du patrimoine mondial, « Sites archéologiques de l’île de Méroé », sur UNESCO Centre du patrimoine mondial (consulté le ).
  2. (en) UNESCO Centre du patrimoine mondial, « Gebel Barkal et les sites de la région napatéenne », UNESCO, (consulté le )
  3. UNESCO Centre du patrimoine mondial, « Sites archéologiques de l’île de Méroé », sur UNESCO Centre du patrimoine mondial (consulté le )
  4. (en) Tormod Eide, Thomas Hägg, Richard Holton Pierce et László Török, Fontes Historiae Nubiorum : Textual sources for the history of the Middle Nile region between the eighth century BC and the sixth century AD, vol. II, Bergen, Institutt for klassisk filogogi, russisk og religionsvitenskap, , p. 563-564
  5. Pline l'Ancien, VI, 181 ; Sénèque, Questions naturelles, VI, 8, 3-4 ; Dion Cassius, 63, 8, 1.
  6. « Site archéologique - Les pyramides de Méroé », sur petitfute.com (consulté le ).
  7. (en-US) « Méroé », sur tresorsdumonde.fr (consulté le ).
  8. « Annonce de la conférence Méroé du Louvre ».
  9. « Société des Cultures Nubiennes - La Nubie historique et archéologique - Napata et Méroé », sur nubie-international.fr (consulté le ).

Bibliographie

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  • Michel Baud (dir.), Aminata Sackho-Autissier (collaboratrice) et Sophie Labbé-Toutée (collaboratrice), Méroé : Un empire sur le Nil, Milano-Parigi, Officina Libraria/Musée du Louvre éditions, , 287 p., 28 cm (ISBN 978-88-89854-50-1 et 978-2-35031-264-4).
  • Gabrielle Choimet, « Habitat et urbanisme méroïtiques en Nubie et au Soudan central : état des lieux, actualité et carences de la recherche », Routes de l'Orient : Revue d'archéologie de l'Orient ancien, no hors série 3 « Actualités archéologiques françaises au Soudan », , p. 78-103 (lire en ligne, consulté le ).
  • Marc Maillot, « Un fil d’Ariane : les plateformes cellulaires (Soudan, Égypte et Levant) », Routes de l'Orient : Revue d'archéologie de l'Orient ancien, no hors série 3 « Actualités archéologiques françaises au Soudan », , p. 46-78 (lire en ligne, consulté le ).
  • Claude Rilly, « Le royaume de Méroé », Afriques, (lire en ligne, consulté le ).
  • Elsa Yvanez, « Se vêtir à Djebel Adda : Nouvelles perspectives de recherche sur l’identité culturelle en Nubie méroïtique », Routes de l'Orient : Revue d'archéologie de l'Orient ancien, no hors série 3 « Actualités archéologiques françaises au Soudan », , p. 103-124 (lire en ligne, consulté le ).

Cinématographie

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  • Au royaume des pharaons...noirs, documentaire de 58 minutes, 2020 de San Mortimore, France Télévision. Windfall film.

Articles connexes

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Liens externes

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