Pétanque
La pétanque *
| ||
à Valbonne | ||
| Domaine | Jeux | |
|---|---|---|
| Lieu d'inventaire | La Ciotat, France | |
| * Descriptif officiel Ministère de la Culture (France) | ||
| modifier |
||
La pétanque (du provençal : pèd, « pieds », et tanca, « planté » ; (lou) jo à pèd-tanca, « le jeu à pieds-plantés », ou (la) petanco, « la pétanque ») est un jeu de boules dérivé du jeu provençal français.
Historique
[modifier | modifier le code]



Le jeu de boules aurait été créé pendant la conquête de la Gaule[4]. Les boules ont d'abord été en argile, en pierre, puis en bois et enfin en acier, mais, après les « bouleurs » du Moyen Âge, l'âge d'or des boules en tous genres est certainement la Renaissance où la noblesse s'empare du jeu au même titre que le bilboquet et le jeu de paume (qui deviendra le tennis). Pour des raisons obscures, le jeu est interdit au peuple en 1629, interdiction peu suivie et rapidement levée[5],[6]. Au XVIIIe siècle, le jeu reste très populaire, au point que l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert en fait mention[7]. La Révolution française en abolissant les privilèges de la noblesse légalise à nouveau la pratique du jeu pour tous[7].
Au début du XIXe siècle, le jeu de boules est répandu du nord au sud de la France[8]. En 1850, la première société officielle, « le Clos Jouve », est fondée à Lyon puis, en 1906, la Fédération lyonnaise et régionale ouvre la voie en 1933 à la Fédération nationale des boules qui deviendra Fédération française de boules (FFB) en 1942. Bien que regroupant nombre de jeux de boules (« boule des berges », « boule en bois », « jeu provençal »), la FFB est dominée par le jeu de boule lyonnaise (128 000 joueurs en 1945), jusqu'au début du XXe siècle.
Au XIXe siècle, alors que chaque région, ou presque, introduit une variante d'usage, les Méridionaux se passionnent pour la longue ou jeu provençal avec des règles simplifiées, le libre choix du terrain, mais où les tireurs font trois pas de course pour prendre leur élan. C'est ce jeu que Marcel Pagnol décrit dans ses souvenirs d'enfance (Le Temps des amours) et qui est intégré dans le film Le Château de ma mère.
En 1904, un Alsacien du nom de Félix Rofritsch entreprend la fabrication des premières « boules cloutées » (en bois recouvert d'une carapace de métal, formée de clous) dans son atelier de la rue des Fabres, à Marseille, sous le label de « La Boule bleue ».

Le jeu provençal donne naissance en 1907 à la pétanque, lors de la partie historique à La Ciotat où un champion de jeu provençal, Jules Hugues dit « Lenoir », ne pouvant plus jouer à son jeu préféré à cause de ses rhumatismes, se met un jour à tracer un rond, envoyer le but à 5–6 m, et, les « pieds tanqués », à jouer ses boules pour se rapprocher du cochonnet[9].

Il faudra néanmoins attendre le premier concours officiel à La Ciotat en 1910 pour que le mot pétanque soit officialisé. Le terme vient des mots du provençal pèd « pied » et tanca « arrêté », donnant en français régional l'expression « jouer à pétanque » ou encore « pés tanqués », c’est-à-dire avec les pieds ancrés sur le sol, par opposition au jeu provençal où le joueur peut prendre de l'élan [réf. nécessaire].
Les innovations sont les suivantes :
- le jeu se pratique sur un terrain plus court ;
- le joueur lance sa boule sans élan ;
- les pieds joints, à partir d'un cercle tracé au sol.
La première boule en acier aurait été fabriquée en 1927 à Saint-Bonnet-le-Château, qui abrite à présent le Musée international de la boule de pétanque[réf. nécessaire]. La même année, les règles de la pétanque furent codifiées, mais ce n'est qu'en 1930 que les traditionnelles boules en bois cloutées furent remplacées par celles en acier. C'est à Jean Blanc que l'on doit cette évolution.
La Fédération française de pétanque et de jeu provençal (FFPJP)[10] voit le jour le quand, forte de ses 10 000 membres, elle peut enfin quitter la section provençale de la FFB. Quant à la Fédération internationale (FIPJP), elle est fondée le à Marseille, même si c'est en Belgique, à Spa, que ses premières bases sont jetées, un an plus tôt[11],[12].
En 2005, le jeu traditionnel devenu sport qu'est la pétanque est décrété « sport de haut niveau » par le ministère de la Jeunesse et des Sports[13].
Équipement
[modifier | modifier le code]
- Des boules en métal (acier), d’un diamètre compris entre 70,5 et 80 mm et d'un poids entre 650 et 800 grammes. Des versions adaptées aux jeunes enfants proposent des boules en plastique ou en bois.
- Une boule en bois, d’un diamètre de 30 mm, appelée but, ou familièrement bouchon (de l'occitan bochon, « petite boule »), cochonnet ou petit.
Les boules sont trempées, creuses et non lestées.
Fabrication
[modifier | modifier le code]Un cylindre d'acier, le lopin, est transformé à chaud par forgeage en un disque, la galette. Les galettes sont embouties en forme d'hémisphère puis soudés par paires pour former une boule qui est ensuite tournée. Après nervurage et personnalisation, les boules brutes subissent des traitements thermiques de trempe et de recuit destinés à leur donner leurs qualités de dureté et d'élasticité. En finition, elles subissent un polissage et éventuellement un chromage ou vernissage qui leur donnera leur aspect final[14].
Les boules de loisirs
[modifier | modifier le code]Destinées aux joueurs occasionnels, elles ont en général un poids et un diamètre uniques, pour convenir aux mains et aux forces de tous âges et sexes.
Le poids varie entre 600 et 800 grammes, et la fabrication est régie par la norme NF S 52-200.
Ces boules sont interdites en compétition.
Les boules de compétition
[modifier | modifier le code]
Les boules doivent être agréées par la FIPJP et répondre aux caractéristiques suivantes[15] :
- Être en métal.
- Avoir un diamètre compris entre 7,05 et 8 cm (entre 6,5 et 8 cm pour les jeunes de moins de 11 ans dans leurs compétitions spécifiques).
- Avoir un poids compris entre 650 et 800 g (entre 600 et 800 g pour les jeunes de moins de 11 ans dans leurs compétitions spécifiques).
- La marque du fabricant et les chiffres correspondant au poids doivent être gravés sur les boules et lisibles.
- Elles sont creuses, contrairement à celles des boules lyonnaises, et ne doivent pas être truquées (lestées = « farcies » dans le langage spécifique des joueurs).
Le nom et/ou prénom ou surnom du joueur ou ses initiales peuvent y être gravés.
Le but
[modifier | modifier le code]Les buts en bois de buis sont les préférés des joueurs de pétanque, car ce sont les plus lourds ; ainsi :
- on peut mieux contrôler le lancer du but,
- le comportement du but lors d’un déplacement de celui-ci pendant la mène est plus prévisible et moins chaotique qu’avec un but en bois plus léger.
Les buts peuvent être peints, de façon à mieux les distinguer. Les buts vendus déjà peints sont très rarement en buis.
Buts agréés en compétitions
[modifier | modifier le code]Les buts sont en bois, ou en matière synthétique portant le label du fabricant et ayant fait l’objet d’une homologation de la FIPJP, en application du cahier des charges spécifique relatif aux normes requises. Leur diamètre doit être de 30 mm (tolérance : +/-1 mm). Leur poids doit être compris entre 10 et 18 g. Les buts peints sont autorisés, mais ni eux ni les buts en bois ne doivent pouvoir être ramassés avec un aimant.
Règles du jeu
[modifier | modifier le code]
À la pétanque, l'objectif est de marquer des points en plaçant ses boules plus près du but que son adversaire par rapport au cochonnet.
Les règles du jeu sont édictées par la Fédération internationale.
Le jeu se joue soit en 3 contre 3 ou 2 contre 2 ou 1 contre 1, en 3 contre 3 chaque joueur dispose de 2 boules et en 2 contre 2 et 1 contre 1 chaque joueur dispose de 3 boules.
Lors du lancement du cochonnet, il faut que le cochonnet ait une distance du cercle comprise entre 6 et 10 mètres.
Si le but est envoyé en zone interdite ou à plus de 20 mètres du cercle, alors il est déclaré nul. Si chaque équipe a au moins 1 boule ou que les 2 équipes n'ont pas de boule, personne ne marque de point et la mène est nulle, l'équipe qui a marqué avant relance le but. Si une équipe n'a plus de boules mais que l'autre en a au moins 1, l'équipe qui a encore des boules marque le nombre de points égal aux boules qui leur restent[16].
Nombre de licenciés
[modifier | modifier le code]En 2010
[modifier | modifier le code]| Rang | Nations | Nombres de licenciés |
| 1 | 313 985 | |
| 2 | 40 000 | |
| 3 | 29 787 | |
| 4 | 18 254 | |
| 5 | 15 284 | |
| 6 | 14 122 | |
| 7 | 13 272 | |
| 8 | 11 121 | |
| 9 | 10 000 | |
| 10 | 6 391 | |
Chiffres du [17]
En 2021
[modifier | modifier le code]| Rang | Nations | Nombres de licenciés |
| 1 | 226 502 | |
| 2 | 60 000[19] | |
| 3 | 23 107 | |
| 4 | 15 552 | |
| 5 | 15 006 | |
| 6 | 12 201 | |
| 7 | 11 868 | |
Championnat du monde de pétanque
[modifier | modifier le code]Championnat d'Europe de pétanque
[modifier | modifier le code]Évènements
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]Références
[modifier | modifier le code]- 1 2 Illustration de Le joueur de boules, texte de B. Durand paru dans Les Français peints par eux-mêmes : encyclopédie morale du dix-neuvième siècle. t. 2, L. Curmer éditeur, Paris 1840-1842, pages 288-296.
- ↑ Illustration de la page 209 de l'ouvrage de Émile de Labédollière Le Nouveau Paris, Gustave Barba Libraire Éditeur Paris 1860.
- ↑ Extrait des Toquades, de Gavarni, publiées par l'éditeur Gabriel de Gonet, Paris 1858. Reproduit ici d'après la page 265 du journal Le Voleur, du 27 août 1858, où ce dessin illustre un article intitulé « Les Joueurs de boules ».
- ↑ « Les origines de la pétanque », sur MS Pétanque (consulté le )
- ↑ « Le jeu de boule », sur laboulebleue.fr, .
- ↑ « Historique de la pétanque »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur petanque-en-comminges.com, (consulté le ).
- 1 2 « Le jeu de boules à travers les siècles Du XVIe au XVIIIe siècle », sur museedelaboule.com, non précisé (consulté le ).
- ↑ Marco Foyot, Alain Dupuy, Louis Dalmas, Pétanque : technique, tactique, entrainement, Robert Laffont, 1984, p. 16.
- ↑ Charles Giol, « La Pétanque », Historia, , p. 83 (ISSN 0750-0475).
- ↑ « FFPJP - Offline » [archive du ], sur www.petanque.fr (consulté le )
- ↑ Super Utilisateur, « Historique », sur fipjp.org (consulté le ).
- ↑ Pascal Rioche, « SportMag n°104 : Edito (Histoires Belges), p. 3 », sur emag.sportmag.fr, (consulté le ).
- ↑ « Arrêté du 31 janvier 2005 fixant les modalités d'admission au cycle de formation permettant aux sportifs de haut niveau de se présenter au concours de sélection sur épreuves pour accéder au corps des professeurs de sport | Legifrance », sur legifrance.gouv.fr (consulté le ).
- ↑ « une vraie boule de pétanque, c'est fait comme ça », sur boutique.obut.fr (consulté le ).
- ↑ « Règlement de jeu officiel de pétanque », sur FIPJP, (consulté le ).
- ↑ « règles » [PDF], sur F.I.P.J.P. (consulté le )
- ↑ (cs) Tomáš Křivánek, krivanek.eu, Hons Petr, « F.I.P.J.P | Error » [archive du ], sur fipjp.com (consulté le )
- ↑ Claude Raluy, Pétanque, La pétanque à travers l'Europe, p. 12
- ↑ Philippe Biblio, « Site de la FIPJP », sur FIPJP, (consulté le ).
Bibliographie
[modifier | modifier le code]
: source utilisée pour la rédaction de l'article
- Claude Raluy, Pétanque, édition : Hachette Livre, Vanves, 2023, 288 pages, (ISBN 9782376713616)

- Jean-Michel Izoird, Gérard Pélisson-Lafay, La pétanque. Une histoire, un sport, un loisir, une passion, Edi Loire, 1996.
- Henk Reesink, Anne-Marie Reesink, Jeux de boules. 3000 ans d'histoire et histoires, La paix, Lerné I et L., 2004.
- Pierre Fieux, Dictionnaire de la pétanque, Les Presses du Midi, 2019, 435 p., (ISBN 9782812710650)
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressource relative au sport :
- Ressource relative à l'audiovisuel :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Confédération mondiale des sports de boules (CMSB)
- Fédération internationale de pétanque et jeu provençal (FIPJP)
- PétarPok : Pour le tir de précision.
